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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 16:12

lors de sa publication en Italie, le dernier roman de Umberto ECO avait provoqué une polémique, en particulier avec le Vatican qui l'accusait d'une certaine complaisance avec l'antisémitisme ! C'est de bonne guerre, l'église catholique romaine n'est pas présentée dans cet ouvrage sous un angle très favorable...

Que raconte ce livre : sous une forme narrative particulière qui fait souvent penser à Eugène Sue, c'est l'histoire d'un faussaire de la 2e moitié du XIXe siècle qui déteste les jésuites, les juifs, les francs-maçons, les femmes, etc.

A dire vrai, il n'aime que l'argent. Il met ses talents, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, au service des capteurs d'héritage, mais aussi des services de police de France, Italie, Prusse, Russie et autres.

Dans ce roman, seul le héros est un personnage imaginaire, tous les autres protagonistes ont existé. On y retrouve les grands noms de l'indépendance italienne, Garibaldi et Mazzini. Mais il y a surtout des policiers, agents plus ou moins secrets, journalistes et écrivains, tous antisémites militants.

Le "héros" dont le grand-père a correspondu avec l'abbé Barruel, bien  connu dans certains milieux, opère avec des personnages qui ont marqué leur époque par leurs outrances ; en particulier, Edouard Drumont et Léo Taxil.

Ses talents de faussaire et son délire anti-judaïque étant bien établis, il est fait appel à lui pour rédiger des documents compromettants pour les juifs, dont, bien entendu, le fameux bordereau de l'affaire Dreyfus et les protocoles des Sages de Sion ! 

C'est de l'excellent Umberto ECO, moins ésotérique que le Pendule de Foucault, mais qui parlera à tous ceux qui s'intéressent aux théories du complot. C'est comme toujours parfaitement documenté et, comme les protagonistes agissent sous leurs vrais noms, on peut remonter aux sources assez facilement.

Ce n'est pas seulement un roman d'été, c'est un ouvrage qui analyse les mécanismes de la haine et les manipulations.

Citation : paroles d'un responsable des services secrets du Tsar, page 426, "la divine providence nous les a donnés (les juifs), utilisons-les et prions pour qu'il y ait toujours quelques juifs à craindre ou à haïr... L'identité nationale est la dernière ressource des déshérités. Or, le sentiments de l'identité se fonde sur la haine, sur la haine de ce qui n'est pas identique... Il faut toujours quelqu'un à haïr pour se sentir justifié dans sa propre misère". 

CQFD.

Bonne lecture.

10 juillet 2011

Bernard LEFEBVRE


 

 



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