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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 14:08

J'ai reçu quelques commentaires très enrichissants et je vous les livre avec les réflexions qu'ils m'inspirent:

 

Un ami m'a adressé par courriel le texte suivant:

 

"au sujet de l'article cité sur ton blog, l'idée développée est saine , mais si elle n'est pas internationalement reproduite par l'ensemble des Etats de la planète elle restera lettre morte. N'oublions pas que nous aussi "Etat Français" empruntons sur les marchés mondiaux et que ces prêts sont consentis en fonctions de critères de solvabilité plus que libéraux même dans les pays les plus orthodoxes ( Chine par ex..), et malheureusement les banques privées n'aiment pas ce qui est rigidifié et structuré par les Etats.Question : un tel dispositif ne risque t'il pas de relancer les paradis fiscaux au service des Etats?"

 

Ma réponse:

Merci de ta contribution, qui m’a montré que j’avais un peu trop condensé mon propos.

 

Il est vrai que placer les banques sous le contrôle de l’état dans un seul pays serait totalement inopérant. C’est pour cela que j’avais limité ma proposition aux seules banques de dépôts, après les avoir délesté de leurs activités de marché. Il serait absurde de nationaliser des banques d’affaires ou des banques de marché qui, par nature, sont transnationales.

 

Pour ce qui est des emprunts sur les marchés mondiaux, ils représentent actuellement un peu plus de moitié de la dette de l’Etat stricto-sensu, le reste étant entre les mains d’épargnants Français, surtout dans le cadre de l’assurance vie (quelle magnifique niche fiscale !). Pour ce qui détenu par des non-résidents, une partie l’est par des Etats et Banques Centrales asiatiques (Chine en particulier) dans le cadre de la transformation d’une partie de leur réserve de dollars en euros. Les arbitrages sont fais sur des bases économiques (différentiel de taux et évolution des cours du change) mais aussi pour des raisons stratégiques. L’autre partie de la dette est détenue par des épargnants, surtout par l’intermédiaire de fonds de pension. Ces derniers ne d’intéressent qu’à la rentabilité de leurs placements et se soucient fort peu d’idéologie pourvu que « ca rapporte ».

 

Il ne saurait être question de proposer de nationaliser les banques de marché et banques d’affaires, ce ne serait que pure démagogie. Par contre, il conviendrait de les contrôler. Et là, le contrôle ne saurait être que mondial bien entendu. J’avais cru comprendre, au plus fort de la crise, que certains dirigeants (Obama, Sarkozy,)  avaient des velléités en la matière. J’ai dû rêver.



Un ami m'a fait remarquer, à juste titre, que l'horizon des hommes politiques était trop souvent limité à la prochaine échéance électorale, ce qui est peu compatible avec une vision à long terme. Et il suggère donc que le contrôle des banques soit confiés à une autorité indépendante, et pourquoi pas sous l'auspice d'une banque centrale. Idée à creuser.



Pour répondre aux questionnements d'Alban (voir rubrique commentaires après l'article d'origine), quelques éléments:



Pour ce qui est du coût d'une nationalisation. D'abord, il n'est pas nécessaire de nationaliser les banques coopératives ou mutualistes (Ct Agricole, Ct Mutuel, Banque Populaire, Caisse d'Epargne, etc), il suffit de renforcer les textes qui les régissent et d'imposer la présence de représentants de la puissance publique, avec droit de véto, dans leurs conseils d'administration. Si, on retire leurs filiales (LCL, CIC,etc.) et les banques étrangères, il ne doit rester à nationaliser que la BNP et la Sté Générale. Le coût serait certes élevé (aujourd'hui la BNP vaut environ 60 milliards d'euros et la Sté Générale la moitié. Mais comme je le proposais, il conviendrait ne ne passer sous contrôle public que la partie banque de dépôts (ou banque de détail). Il faudrait donc céder  les activités banque de marché et les filiales étrangères. On pourrait également rétrocéder une partie du capital de certaines filiales (assurances, crédit conso, etc.). Tout celà diminurait le coût.



Pour ce qui est du blocage par les institutions européeennes, il ne devrait pas y avoir de difficulté juridique. Je crois que les différents traités ne parlent pas de la propriété du capital. Par contre, il faudrait respecter -sauf à révolutionner l'Europe libérale- le règle de la "concurrence libre et non faussée". Celà signifie que, après avoir nationalisé BNP et SG, le gouvernement ne pourrait pas interdire la création de nouvelles banques ni empêcher des établissements étrangers de s'implanter. Ca poserait de sérieux problèmes quant à l'efficacité de la mesure mais rien n'est insurmontable.



Au sujet du réseau mondial nécessaire aux banques pour accompagner leurs gros clients, le risque existe. Mais, au lieu de créer des monstres financiers transnationaux, ne serait il pas possible d'aller plutôt vers des accords de coopération non capitalistiques entre banques?



Toute contribution, positive ou négative, sera chaleureusement acceuillie.



Que les représentants des partis politiques n'hésitent pas à faire des propositions!



24/08/2010 B.L.

 

PS, je ne suis pas un artiste de la frappe alors excusez moi pour les fautes qui subsistent.

 

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bernardlefebvre.over-blog.com - dans Politique
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